Poésies


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Mon inspiration naît le plus souvent dans mes pannes de sommeil. Soudain, il me vient à l’esprit un ou deux vers, je me lève pour les écrire sur un cahier d’écolier, de peur de m’endormir et de les oublier.

Douces rimes qui échappent au réel et qui peuvent rester figées pendant plusieurs semaines, avant de trouver une place dans une ode à la vie !

Mais si mon imagination se remet à trotter, je recommence la sarabande dix, vingt ou trente fois, avec en prime une nuit blanche qui me laisse épuisé mais parfaitement heureux.


 

Les deux frères
(poème dédié à mon frère jumeau)

Du bleu, du rouge, du vert
Un bouquet d'étincelles
qui jaillit sous leurs doigts.

En bois, en verre, en nacre,
Des perles de tendresse
qui roulent dans leurs guitares.

Douce, tiède et tonique,
Une pluie de bonheur
qui inonde leurs voix.

Nuit divine, nuit céleste.
Par leur complicité, ils nous ont initié
à rechercher l'amour,
partout où il était.

Aujourd'hui, pour toujours,
au dessus des étoiles, ils nous ont emportés.


Samedi 4 mai 1996

L’enfant avait un rêve
(Poème écrit à mon fils Romain, 11ans,
suite à un voyage de 8000 Km effectué en Moto en Afrique)
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L’enfant avait un rêve, il l’a réalisé.

On admirait déjà ta sobre élégance.
Tu viens d’afficher une belle endurance,
En portant père et fils aux portes du désert
Et en mêlant ta note au reste du concert.
Pour la première fois tu as gravi les cols
Et forgé les cailloux en beaux tapis de sols.
Ô sublime moto, comment te remercier
D’avoir offert ton âme à ce parcours princier ?


L’enfant aime la vie, il a su le prouver.

Au touriste arrogant, vous montrez sans pitié
Les vents de sable et l’implacable aridité.
Sur vos cimes, il scruta le pas des animaux
Et rechercha l’abri pour un subtil repos.
Quand le petit chameau ouvrit la méharée,
C’est un roi qu’il mena dans un conte de fée.
Ô dunes cathédrales, pourquoi tant d’honneur
A garder intacte sa splendide candeur ?


L’enfant ouvre son cœur, il est récompensé.

Vous étiez si nombreux à boire dans sa main
Que vous avez construit sa force pour demain.
Jamais le grand mâle en maître de la bande
N’avait d’autres humains compris la demande.
Il laissa ses femmes entourées de bébés
S’approcher doucement des rochers ombragés.
Ô singes de l’Atlas, qu’aviez vous donc senti
Pour faire au petit d’homme un don si inouï ?


L’enfant chante l’espoir, il trouve l’harmonie.

Le jeune arabe se glisse dans le ruisseau
Et cueille à la main le poisson au fil de l’eau.
La confiance qui lia les deux étrangers
D’une étonnante pèche les fit messagers.
Quand il fallut quitter la paix de cet îlot,
Leur rire cristallin éclata en sanglot.
Héritiers du bonheur, qu’avez vous raconté
Pour remplir de charme cette journée d’été ?


L’enfant a des passions, il sait les cultiver.

Elle arpente les flancs des gorges du Dadès
Et déniche les ksour suspendus en exprès.
De ses trois vitesses, il perçut les secrets
Pour tenir la route qui serpente en lacets.
En croisant les renards, il freina prudemment
Et entreprit de les poursuivre lentement.
Ô jeep, qui n’a pas succombé aux mitrailles,
Avais tu déjà pris un ange au gouvernail ?


L’enfant est en danger, mais il est protégé.

Dans son habit de chair, il semble si frêle
Qu’on le croit soumis aux orages de grêle.
Un rôdeur commença à troubler son sommeil,
Un serveur malfaisant vint cacher son soleil.
Son père bondit, porté par la tendresse,
Pour exiger respect et délicatesse.
Ô voleurs d’amour, n’aviez vous pas redouté
Que le Dieu d’Abraham se place à son côté ?


Jeudi 15 août 2002
 

Aurores


Le ciel encore teinté de noir se laisse envahir
Par des taches rosées qui éteignent les étoiles,
Lentement, délicatement, pour ne point ébahir
Les formes que les ombres ont habillées de voiles.
L’astre va paraître, c’est l’aurore de la journée,
Qui entrouvre à la clarté les portes orientales
D’une demeure terrestre bientôt illuminée.
Aurores des savanes, aurores boréales,
Aurores des déserts et aurores des pâtures
Entament la symphonie des lumières et des chants,
Sur lesquels, de nuit en nuit, s’égrènent les mesures
Du mouvement perpétuel de la fuite du temps.


Le sol exhale les parfums des grains qui vont germer,
Sous le souffle d’un Eole plus léger et plus doux,
Et dans l’essor des tiges concourt à faire pâmer
La nature luxuriante dont il sera l’époux.
Le printemps est de retour, c’est l’aurore de l’année
Qui réveille les oiseaux d’un long engourdissement
Et de sa clémence protège leur tendre hyménée.
Aurores des bourgeons, aurores du gazouillement,
Aurores des giboulées et aurores des soleils
Restaurent la palette des chamarrés et des verts,
Sur lesquels, de froid en froid, se génèrent les vermeils
De la rencontre annoncée du globe et de l’univers.


Les entrailles maternelles gorgées d’espérance
Perpétuent le miracle de donner à une âme
Un petit corps délicat, éperdu de confiance,
Prêt à suivre l’allée que sa jeune vie entame.
L’enfance est pure, c’est l’aurore de la destinée
Qui à comprendre le monde apporte l’efficience
D’une méthode souveraine et un rien satinée.
Aurores des sourires, aurores des consciences,
Aurores des premiers pas et aurores des espoirs
Construisent l’anthologie des actes et des rêves,
Sur lesquels, de mort en mort, s’écrivent les histoires
Des peuples de la planète assurant les relèves.


Jeudi 26 septembre 2002

 

 
 


 

Un jour, mon petit Prince....
(dédié à mon fils Romain)





Un jour, mon petit Prince, tu seras un grand Roi,
Pour tous les êtres humains que tu rencontreras,
Dans les déserts d’amour que tu parcourras,
Tu changeras les coeurs, tu proclameras ta foi.

Déjà, mon petit Prince, ton regard de velours,
Ta voix si cristalline, ton rire tout en satin,
Répandent autour de nous ce parfum de jasmin,
Qui nourrira nos âmes jusqu’à la fin des jours.

Béni sois-tu, mon Prince, béni sois-tu, mon Roi,
Sous le voile diaphane de la Vierge Marie,
Le Seigneur te protège, Il t’insuffle la vie,
Allume les étoiles qui scintillent pour toi.


Jeudi 4 janvier 2001